Léonce Deprez (1927-2017), l’album de sa vie

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Suite au décès de Léonce Deprez à l’âge de 89 ans le 7 juillet 2017, les Echos du Touquet et l’Avenir de l’Artois se sont associés pour retracer la vie de l’ancien député-maire du Touquet dans un hors-série de 24 pages. Léonce Deprez : l’enfant de Béthune, l’homme de presse, l’homme public, le père de la renaissance du Touquet, l’album de sa vie.

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Description

On pensera toujours à lui en souriant

Il aurait sans doute aimé, comme le chantait Jacques Brel, traîner encore un peu sa carcasse, par amour de la vie. Mais l’homme qui suscitait tant d’admiration, parfois de l’agacement, et souvent les deux à la fois, n’a pas choisi, cette fois, l’heure du départ.
Ceux qui ont eu la chance de travailler avec Léonce Deprez, ou pas très loin, pensent souvent à lui en souriant. On ne peut pourtant pas dire que l’homme était un comique. Avouons-le : quand Léonce Deprez faisait une blague, ce qui était rare, elle n’était pas souvent très drôle. Ce qui fait que le souvenir qu’on a de lui est bizarrement joyeux, c’est le regard qu’il avait sur la vie, et cette manière bien à lui de réagir à tout et de n’être indifférent à rien.
Dieu sait pourtant si ses fonctions étaient loin de la futilité… De la reconversion du bassin minier à la mise en économie de la vie de loisirs au Touquet, Léonce Deprez a d’abord montré qu’il était un visionnaire. Ce qu’il appelait sa politique des quatre « E » (environnement, équipements, encadrement, événements) résume la vision et l’action qui ont conduit Le Touquet si loin devant toutes les autre stations du Nord de la France.
Et comme tous les visionnaires, il n’était pas toujours facile à suivre. Léonce Deprez ne s’embarrassait pas des obstacles qui pouvaient se dresser devant son objectif. Il les balayait ou les ignorait. Ça passait, ou ça cassait. Mais souvent, ça passait. Et gare à celui qui venait polluer le chemin par de toxiques appréhensions, des craintes ou des réticences ! Il ne disait jamais : « il faudrait voir si on peut le faire… » Il disait : « Voilà ce qu’on va faire ». Quelle leçon pour tous ceux qui dissimulent trop souvent leur immobilisme dans la dictature des normes, le principe de précaution, ou la menace des recours…
Travailler à ses côtés n’était pas de tout repos. Dans son entreprise comme dans sa mairie, il fallait souvent s’accrocher. Mais Léonce Deprez avait une conception de l’autorité particulièrement moderne; il ne disait jamais « j’exige que », ou « j’ordonne que ». Donner des ordres secs et sans explication, n’était pas son genre. Pour lui, une directive ne valait que si elle entraînait l’adhésion. Alors, il passait de longues minutes à expliquer, à répéter, à convaincre, à répéter encore… Et il ne laissait jamais l’autre le quitter avec des doutes. Pour appuyer ce qu’il disait, ce boulimique du stylo prenait son Pintell pour écrire sur tout ce qu’il trouvait… débordant parfois sur la nappe devant le restaurateur médusé….
Léonce Deprez n’aimait pas les départs. Les choses qui se terminent ne l’ont jamais intéressé. Seules l’intéressaient les choses qui commencent, ou qui recommencent. Dans cet esprit, il ignorait complètement la rancune, et préférait souvent dissimuler sa déception. « Rien ne vaut la vie que la vie » disait-il. Ses colères étaient rares, courtes, et toujours classées sans suite.
Ceux qui ont connu Léonce Deprez ont tous un peu de lui dans ce qu’ils disent, dans ce qu’ils font, dans ce qu’ils sont. C’est mon cas. Pour moi comme pour beaucoup, il a été un passeur. Un passeur de valeurs. A commencer par celles qui ont guidé toute sa vie : la bienveillance et l’exigence.
Au-revoir, monsieur Deprez…
Pierre Leduc




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